La Baie de Somme

La Baie de Somme, labellisée en 2011 : ""Grand Site de France" ,s'étend sur 70 km², entre le Hourdel et Saint-Quentin-en-Tourmont. La Somme, 245 km (source dans l'Aisne) hésite avant de rejoindre la Manche, elle se prélasse d’abord et c’est finalement comme si la mer venait la chercher dans les terres. Situé à 2 h de Paris, 2h de Bruxelles, elle se visite à pied, à vélo, à cheval, en bateau ou encore en train à vapeur.

Depuis 1999, la baie appartient au club des plus belles plages du monde, au même titre que la baie d'Halong ou la baie du Mont-St-Michel.

L’histoire de la Baie de Somme est particulièrement riche et marquée par la guerre de cent ans, durant laquelle elle fut alternativement sous domination anglaise et française. Edouard III d’Angleterre séjourna au Crotoy et y fit construire une importante forteresse en 1346 où fut d’ailleurs interné le duc d’Alençon  Jean II. Jeanne d’arc, prisonnière des anglais y fut incarcérée du 21 novembre au 20 décembre 1430. En 1674 le château fut détruit sur ordre du roi de France.

Entre le Marquenterre et la pointe du Hurdel, d’immenses espaces se succèdent, offrant des vues parfois baignées d’une luminosité. A marée basse, la mer découvre des étendues infinies de sable et d’herbe.

La baie est principalement constituée de deux milieux :

la slikke, zone de vasières, recouverte par la mer deux fois par jour,

le schorre ou « mollières » qui est couvert par la mer seulement lors des grandes marées

Sans connaître le site, ni l’heure des marées, il est dangereux de s’y aventurer seul : la marée montante avance plus vite qu’un piéton et peut encercler les imprudents ; en descendant, elle peut les emporter vers le large.

Il existe cependant des promenades enivrantes et iodées en Baie avec des guides expérimentés.

Elle est un des grands sites français de passage des migrateurs. Le canard siffleur, le tadorne de belon, le courlis cendré, l’huîtrier pie côtoient les phoques et les moutons des prés salés la race des Hensons.

 A l’aide de longue vue, on peut observer la plus importante colonie française de phoques veaux marins, mais il faut rester à distance pour ne pas les déranger. Phoques-veaux marins (plus de 100 en 2006 et 2007, plus de 150 en 2009 et 2010 et plus de 190 en 2011) mais aussi de quelques phoques gris.

J’ai assisté à la remise à l’eau le 2 octobre 2011 de 5 phoques.

Un jeune phoque séparé de sa mère accidentellement, un phoque affaibli par une blessure ou une maladie peut être trouvé sur la plage. Lorsqu’un phoque est trouvé échoué vivant, il est transporté au centre de sauvegarde, il est enregistré et reçoit les premiers soins. Il ne s’est pas nourri depuis un certain temps et est déshydraté. A son arrivée, il est mis en quarantaine. Pendant son séjour au centre, le phoque est suivi par une équipe de soigneurs et un vétérinaire. Une fois prêt, il est équipé d’une bague numérotée et une plaque de couleur vive pour  faciliter son identification à distance. Puis il est relâché dans son biotope d’origine.  En moyenne, il aura passé 3 mois au centre de sauvegarde.  Ces plaques colorées, collées au sommet du crâne, restent en place jusqu’à la mue suivante, soit en juin de l’année d’après. voir photos sur Le Hourdel dans" mes visites"

 

La Baie de Somme mêle plans d’eau, marais, dunes et prés salés et compose un paysage entre terre et eaux

 

Comme au Mont-Saint-Michel, la mer entre plus rapidement dans la Baie qu’elle en sort et dépose donc plus de sédiments qu’elle n’en reprend (700000 m³ par an). La Somme, dont le cours est paresseux pour rejoindre la mer, participe à cet ensablement. Le fond de la Baie s’élève de 1,8 cm par an. La navigation, encore active il y a 150 ans, est en déclin.

Les jours de grandes marées, la mer lèche le pied des dunes et le flot mêle ses eaux à celle de l’estuaire, les oiseaux posés ou en vol offrent un spectacle magique.

De Saint-Valery au Crotoy s’étendent les vasières composées de plages et bancs sableux qui émergent au gré des marées ; c’est le domaine des salicornes où passe-pierre  qui nourrit la sarcelle d’hiver et le canard siffleur…..et que l’on déguste en omelette, accompagnant des pâtes ou tout simplement en salade. Cette plante trouve tout ce dont elle a besoin dans la baie : du sel et de l’eau, bonnes à cueillir de mai à août, les salicornes sont riches en vitamines A, B et C, en calcium et magnésium. on trouve aussi l'obione ou pourpier sauvage  Au fond de l’estuaire, les alluvions épaississent les bancs de sable, formant des Mollières où paissent les moutons. Leur viande savoureuse bénéficie d’un label « Pré-salé de l’estran de la Somme »

On pêche  « la sauterelle », une crevette grise savoureuse, mais aussi la coquille Saint-Jacques, l’encornet et de nombreux poissons plats : soles, carrelet, raie, lotte. La pêche au lancer permet de ramener les anguilles. Celles des coques se pratique à pied, les moules de bouchot sont également élevées sur place

La baie a toujours constitué une halte de prédilection pour les oiseaux migrateurs,  un patrimoine naturel avec une grande variété d’oiseaux au repos sur les bancs de sable ou en vol. On perçoit bien la richesse écologique de cette baie, favorisant ainsi la chasse au gibier d’eau : à la « botte » (à pied) ou à la «  hutte » (à l’affut) ; des canards domestiques (les appelants), auxquels s’ajoutent des leurres en bois ou en plastique (les blettes), qui attirent par leur cris leurs congénères sauvages

 

Pour visiter la Baie, il faut prévoir : bottes, pantalon, vieilles chaussures, short au choix, un vêtement de pluie, un chapeau et lunettes de soleil, une bouteille d'eau et un encas, une paire de jumelles et  Il vaut mieux réserver  pour visiter avec un guide nature.

        

­ marée basse vue sur Le Crotoy

¯ marée haute vue sur Le Crotoy

         
Le Crotoy
France