Palerme

 

Palerme: chef-lieu et plus grande ville de la région Sicile avec 720 000 habitants. Elle se situe dans une baie sur la côte nord de l'île.

Elle bénéficie d'un climat méditerranéen caractérisé par des hivers doux et humides et des étés chauds et secs.. En 734 av J-C, les Phéniciens, provenant de Tyr, y fondèrent un florissant comptoir commercial sur la baie bordant la fertile Conca d'Oro. De cette époque, les seules traces archéologiques se trouvent exclusivement dans les nécropoles. La ville resta phénicienne jusqu'à la première guerre punique (264-241 av JC), suite à laquelle la Sicile fut conquise par les Romains. Les Arabes, firent de Palerme en 831 la capitale de leur royaume de Sicile. La splendeur de la période arabe ne s'interrompit pas avec les Normands, particulièrement sous Roger II, qui surent conserver et utiliser l'héritage culturel arabe, grec et romain. Un mariage d'état entre Henri VI, fils de l'empereur allemand, et Constance, fille de Roger II, en 1185, tenta un accord pacifique, mais ouvrit finalement la route à la conquête Suève. En 1194, Palerme est conquise par le souverain allemand.
Une nouvelle dynastie des Suèves s'installe alors en Sicile qui ,avec Frédéric II, fils de Constance atteignit le sommet de sa splendeur.
Palerme et la cour deviennent le centre d'un empire, comprenant les terres des Pouilles et de l'Italie méridionale. Ce qui sera le Royaume des Deux Siciles (la Sicile insulaire et la Sicile continentale) Palerme se sépare  de Naples et offre la couronne de Sicile à Frédéric III d'Aragon. Charles d'Anjou entame une domination angevine qui  dura jusqu'au 1282.
Charles et ses fonctionnaires cherchèrent à exploiter la Sicile en imposant des taxes élevées. La capitale du Royaume des Deux Siciles est déplacée à Naples. En 1494, à la mort du roi Martin, la Sicile est annexée à l'Espagne.  la ville connue un renouveau artistique et la construction de somptueux édifices publics. Sous les Espagnols, la population passa de 30 000 habitants au milieu du XVe siècle à 135 000 à la veille de la peste de 1656.
Aux XVIe et XVIIe siècles, Palerme se pare de nombreux monuments de style baroque dont beaucoup sont encore intacts de nos jours. Pour finir, et après toutes ces  guerres, la Sicile choisit l'annexion à l'Italie qui se constitua en royaume en 1861.


De tout  temps à la croisée des chemins des civilisations, entre orient et occident, Palerme a conservé les traces des empruntes de toutes les cultures qui la partagèrent: langue, mœurs, architecture...Cette histoire, et plus encore, l'atmosphère qui y règne encore maintenant participent au charme fascinant de cette ville aux milles contrastes. L'histoire de Palerme fut particulièrement mouvementée et sans pareille.
Beaucoup de peuples aux cultures très différentes y posèrent les pieds. Parmi eux, les phéniciens, les grecs, les romains, les arabes, les normands, les autrichiens, et les espagnols.
Certaines de ces cultures y coexistèrent, donnant ainsi naissance, pour le cas le plus frappant, à l'architecture arabo-normande qui ne trouve nulle par ailleurs d'équivalent en dehors de la Sicile.
 

 La cathédrale:  imposant édifice érigé vers la fin du 12 e S. dans un style siculo-normand. Le portique de style gothico-catalan, est du 15e S. A l'intérieur dans la 1er chapelle les sarcophages des rois Souabes (Frédiric II, son épouse Constance d'Aragon et Henri VI, ainsi que les tombes de Roger II et de sa fille Constance de Hauteville). On remarque les deux beaux bénitiers en marbre réalisés en 1470 et 1553.

Les Quattro Canti: superbes fontaines et palais du 17e S.

Une fontaine spectaculaire, œuvre de Francesco Camilliani, sculpteur florentin du 16 e S., est serrée sur une place minuscule. Destinée à l'origine à orner une villa toscane, elle est  un bel exemple de la Renaissance toscane, avec sa bacchanale de divinités placées en cercles concentriques, nymphes, monstres, têtes d'animaux et allégories, dans un magnifique équilibre organisé en gradins, les balustrades et les jeux d'eau. Les divinités païennes dénudées choquèrent tant les religieuses qu'elles la surnommèrent "fontaine de la honte". On peut y voir la déesse Céres, protectrice de la Sicile. Tout autour court une balustrade en fer forgé de Giovanni Battista Basile

Chiesa del Carmine:  Il faut admirer le dôme en majoliques supporté par quatre télamons. A l'intérieur des paires de colonnes torses dorées s'enroulent des spirales de stucs illustrant la vie de la Vierge et du Christ œuvres de Giacomo et Giuseppe Serpotta

Chiesa del Gesù: Austère à l'extérieur, elle surprend à l'intérieur par l'exubérance de son décor baroque, fait de stucs et de pierres semi précieuses.

Catacombe dei Cappuccini: lieu de fascination macabre, les catacombes sont un labyrinthe de corridors creusés à la fin du XVIe S. où sont exposées des milliers de momies vêtues de pied en cap, aux expressions grimaçantes, aux postures contorsionnées. Elles sont suspendues au mur, à l'intérieur de niches, couchées ou adossées aux parois; Il y en a environ 8000 momies de frères capucins, les plus anciennes datent de la fin du 16e S. S, mais aussi de personnes illustres ou puissantes, enfants ou jeunes filles, répartis par catégories sociales et par sexe. On peut voir le corps d'une fillette de deux ans décédée en 1920 des suites d'une infection des bronches. Elle repose dans un cercueil de cristal dans la chapelle de Santa Rosalia. l'une des dernière admises dans la crypte. Une série d'injections chimiques ont permis de la conserver comme si elle était simplement endormie ( le médecin est mort dans révéler son secret. La méthode de conservation utilisées par les capucins prévoyait un an, pendant lequel, le corps était laissé égoutter après avoir été vidé de ses entrailles dans une pièce fermée. Ensuite il était lavé à l'eau et au vinaigre, séché, rempli de paille, habillé et exposé dans les niches. Pendant les périodes d'épidémies, les corps étaient plongés dans des baignoires d'arsenic, reconnaissables à la couleur rougeâtre des cadavres ou d'eau de chaux. Diaporama

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Monreale

 

Dans un site superbe dominant la Conca d'Oro (vallée d'or), le noyau urbain de Monreale est né autour du Dôme et du palais érigé par Guillaume II. Aujourd'hui encore, le centre vital de la ville se trouve autour de l'extraordinaire cathédrale.

Duomo (Santa Maria La Nuova). Edifiée par différents maîtres d'œuvre, la cathédrale présente donc un mélange de style (normand-arabe) De la rue on peut admirer des vestiges du palais royal d'origine, désormais englobé dans le palais archiépiscopal. Sous le portique trône le magnifique portail de bronze que Bonanno Pisano, architecte et sculpteur à qui l'on doit aussi la célèbre tour de Pise. Il est composé de quarante-six panneaux qui retracent certains épisodes de l'Ancien et du nouveau Testament. Sur l'autre portique du 16e S. s'ouvre un portail en bronze de Barisano da Trani, formé de panneaux où sont représentés 3 épisodes bibliques.

L'intérieur: Lorsque je suis rentrée à l'intérieur, j'ai eu le souffle coupé, c'est impressionnant cette richesse en mosaïques dans lesquelles trône l'or. Sur fond doré prennent vie les personnages de la bible. Des maîtres vénitiens  et siciliens ont réalisé ces mosaïques entre le 12e et 13 e S. Le récit en  mosaïques reprend l'histoire depuis la création de l'homme et de la femme. Chaque scène est riche en détails réalistes. La nef centrale est consacrée à l'ancien testament. Le carrelage est en marqueterie de marbre. Dans l'église se trouvent les tombeaux de Guillaume I et Guillaume II, ainsi que le cœur de Saint Louis, mort à Tunis. J'ai visiter la chapelle du crucifix: elle présente une décoration baroque tout en marbre., magnifique tout en finesse le drapé en marbre, une dentelle.

Le cloître: Une architecture arabo- musulmane, ses 94 colonnettes géminées, ornées de dessins géométriques en mosaïque, supportent de remarquables chapiteaux historiés dans la tradition romane. Les chapiteaux sont décorés de figures d'hommes, d'animaux, ou de végétaux. Ils racontent pour la plupart, des épisodes bibliques.

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